Les rançongiciels (ransomwares) touchent de plus en plus les petites et moyennes entreprises, souvent moins protégées que les grands groupes mais tout aussi dépendantes de leurs données. Voici les mesures concrètes de prévention, et la conduite à tenir si l'attaque survient malgré tout.
Un ransomware (ou rançongiciel) est un logiciel malveillant qui chiffre les fichiers d'un ordinateur ou d'un serveur, les rendant inaccessibles, puis exige le paiement d'une rançon pour fournir la clé de déchiffrement. L'infection se produit le plus souvent via un email piégé (pièce jointe ou lien), une faille de sécurité non corrigée, ou un accès distant mal protégé.
Contrairement à une idée reçue, les petites structures ne sont pas épargnées par manque d'intérêt pour les attaquants — au contraire. Elles disposent souvent de budgets sécurité limités, de systèmes parfois obsolètes, et d'équipes moins sensibilisées aux risques que dans les grandes entreprises dotées d'un service informatique dédié. Pour un attaquant, cela représente une cible plus facile à compromettre, même si la rançon demandée est proportionnellement plus faible.
C'est la protection la plus efficace contre les conséquences d'un ransomware : si vos données sont sauvegardées régulièrement et que cette sauvegarde n'est pas connectée en permanence au réseau principal, elle échappe au chiffrement. En cas d'attaque, vous restaurez vos données au lieu de négocier avec les attaquants.
De nombreuses attaques exploitent des failles de sécurité déjà connues et corrigées par les éditeurs, mais jamais appliquées faute de mise à jour. Un système d'exploitation, un antivirus et des logiciels métier tenus à jour ferment une grande partie des portes d'entrée classiques.
Même si un mot de passe est volé ou deviné, la double authentification bloque l'accès sans le second facteur (code, application). C'est l'une des mesures les plus efficaces et les moins coûteuses contre le piratage de comptes, en priorité sur la messagerie et les accès administrateur.
Diviser votre réseau en zones isolées (VLAN) limite la propagation d'une infection : si un poste est compromis, l'attaque ne se répand pas automatiquement à l'ensemble du réseau, serveurs compris.
La grande majorité des infections démarrent par un email de phishing ouvert par un collaborateur. Une sensibilisation régulière, même simple (méfiance envers les pièces jointes inattendues, vérification de l'expéditeur réel), réduit significativement le risque.
Si des données personnelles ont pu être compromises (clients, salariés), une notification à la CNIL peut être obligatoire dans le cadre du RGPD, généralement sous 72 heures après la découverte de la fuite. Un dépôt de plainte est également recommandé, car ces attaques relèvent d'actes délictueux poursuivis par la justice. Enfin, l'incident doit être l'occasion de renforcer les mesures qui ont fait défaut, pour éviter une récidive.
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